La mémoire est l'avenir du passé (Paul Valéry)  

Le Monument aux Enfants de Jarville-la-Malgrange Morts pour la Patrie

"Ceux qui, pieusement, sont mort pour la Patrie

On droit, qu'à leur tombeau, la foule vienne et prie"

Victor Hugo

Le 9 juillet 1924, le Conseil municipal décida à titre d'hommage public, l'érection d'un monument aux morts de la guerre 1914-1918.

Par acte notarial du 15 juillet 1924, le Chanoine Stref, curé de la paroisse, céda à la commune de Jarville pour la somme de 100 frs, une parcelle de terrain (1) de 315m2 attenante à l'église. La commune, en échange, s'engageait à maintenir en bon état de propreté cet emplacement qui devait servir exclusivement à l'érection du monument aux morts, selon les dispositions de la vente.

Le projet de Mr Charles Hofmann, statuaire à Versailles, fut retenu.

Le 21 novembre 1926, l'inauguration du monument élevé aux 210 enfants jarvillois, morts pour la patrie, se déroula sous la présidence de Louis Marin, Ministre des Pensions.

En dépit d'un climat de surexcitation qui sévissait dans la commune, suite aux dissensions intestines survenues au sein du Conseil Municipal (2), les cérémonies se déroulèrent dans le calme, sous la surveillance d'un service d'ordre renforcé.

A 8h.45, Mgr l'Évêque, accompagné d'un nombreux clergé, vint bénir le monument de 7 m. de hauteur; une cérémonie funèbre fut ensuite célébrée dans l'église de Jarville.

A 10h.30, Mr HOUEL, maire, entouré du Conseil Municipal, reçut à la mairie les personnalités puis un cortège se forma et se rendit aux accents de "L'UNION MUSICALE" devant le monument.

Au pied de la tribune dressée pour la circonstance, étaient groupés les emblèmes des sociétés représentées : A. M. C, médaillés, militaires, engagés volontaires Alsaciens Lorrains, Chasseurs Jarvillois, la Sidi-Brahim, l'Union Musicale.

Après le discours de Mr L. MARIN qui évoqua ses attaches avec Jarville les enfants entonnèrent des hymnes patriotiques. Des avions évoluèrent dans le ciel bleu…

Au cours du banquet servi au café de la Poste, Mr L. Marin leva son verre à "l'esprit combattant" qui devait régner dans le pays et le régénérer.

En 1927, ce monument fut doté d'une couronne en grès des Vosges offerte par Mr MOINE, maire de Jarville.

En 1930, la statuette (abîmée) représentant la Victoire fut remplacée par un modèle identique.

La liste des morts a été complétée après le second conflit mondial.

- JARVILLE et ses MORTS -

La vie a souri, a fleuri puis s'est fanée…

Le Monument aux Morts de Jarville-la-Malgrange

Le monument aux Morts de Jarville-la-Malgrange

__________

1. — Quelques mois auparavant, le Conseil Municipal avait fait procéder à la couverture du ruisseau du Fonteno sur 20 mètres de longueur dans la partie où il longeait l'église (Retour).

2. — Les motifs de la querelle n'avaient pas de rapport avec l'édification du monument (Retour).


Conception du Monument

Intitulé par le statuaire « LE 11 NOVEMBRE 1918 », le Monument est construit en granit gris comportant 4 bas reliefs en bronze figurant le Sacrifice, l'Attaque, la Blessure et les Funérailles. La statue est en marbre blanc d'Italie.

Le coût est de 35.000 francs.

Pensée qui a guidé le sculpteur dans la conception du Monument

A la base du Monument, et formant le soutènement de l'œuvre :

Monument aux Morts de Jarville - Plaque l'Attaque

L'ATTAQUE

Qui parle du courage et de l'abnégation du soldat.

Monument aux Morts de Jarville - Plaque la Blessure

LA BLESSURE

2e étape de son calvaire, où son corps meurtri par le fer, est ramassé par ses frères d'armes ici s'exhale la souffrance humaine, dans la boue, sous le feu meurtrier.

Monument aux Morts de Jarville - Plaque les Funérailles

LES FUNÉRAILLES

Qui sont l'apothéose de son geste héroïque.

Monument aux Morts de Jarville - Plaque le Sacrifice

LE SACRIFICE

Consécration Suprême de la Patrie, représentée par le corps d'un de ses enfants, tenant encore dans sa main le glaive brisé.

Un vaste champ de crois de bois l'entoure exprimant l'immensité du deuil, aux pieds du héros le symoble de 3 casques ; celui du Poilu, celui de l'Aviateur, celui du Marin, qui expriment les 3 éléments : la terre, la mer et l'air. Au-dessus plane la Gloire qui apporte les fleurs du Souvenir.

Couronnement du Monument

Le 11 novembre 1918.

Le soldat au port d'arme et dans une attitude mâle et fière, semble encore veiller ses compagnons, apporte sur l'aute de la Patrie, la victoire symbole des années de tenacité, d'abnégation et de souffrance.

(source : Charles HOFMAN - Statuaire, Chemin de la Solidarité, 8 - Vincennes (Seine) 1924).


BmN Kiosque lorrain

L'Est républicain du mercredi 17 novembre 1926

Aux enfants de Jarville morts pour la France

Inauguration du monument

L'inauguration du monument élevé à la. mémoire des enfant de Jarville morts pendant la grande guerre aura lieu dimanche, sous la présidence de M. Louis Marin, ministre des pensions, député de Meurthe-et-Moselle, et de M. le maréchal Lyautey.

PROGRAMME

Samedi 20 novembre

18 heures. - Sonnerie de cloches.

20 h. 30. -. Retraite aux flambeaux par les sociétés locales.

Dimanche 21 novembre

6 heures. — Sonnerie de cloches ; réveil en fanfare.

8 h. 15. - A la mairie ; distribution de livrets de caisse d'épargne aux orphelins de guerre, par la section locale de l'A. M. C.

8 h. 45. — Bénédiction solennelle du monument par Mgr de la Celle, évêque de Nancy et de Toul.

9 heures. — Eglise de Jarville ; service de « Requiem » à la mémoire des 210 héros jarvillois morts pour la France ; sermon par M. l'abbé Martin, aumônier militaire ; quête au profit du monument aux morts.

10 h. 15. — A l'issue du service, prière et allocution par M. le pasteur Vidal ; marche funèbre, par l'Union Musicale.

10 h. 30. — Sonneries de cloches ; réception des autorités à la mairie.

10 h. 40. — Rassemblement des sociétés ; formation et départ du cortège, place de la Mairie. Inauguration officielle du monument. La « Marseillaise », par l'Union Musicale« Hymne aux morts », de Victor Hugo ; appel des morts, par M. le lieutenant d'infanterie coloniale Rovel. Lâcher de pigeons par la Colombe Nancéienne ; coup de canon ; minute de recueillement ; coup de canon.

Discours. - De MM. le président du comité du monument, le maire de Jarville, le président de l'A. M. C., le maréchal Lyautey, les parlementaires du département, le ministre des pensions.

A la fin de la cérémonie, la « Marche Lorraine », par l'Union Musicale.


BmN Kiosque lorrain

L'Est républicain du lundi 22 novembre 1926

L'Inauguration du momnument de Jarville

Dimanche, a été inauguré, au cours d'une très imposante cérémonie que présidait M. Louis Marin, ministre des pensions, le monument élevé par la commune de jarville à ses 210 enfants morts glorieusement pendant la guerre. Le monument, qui est l'œuvre du statuaire Hofmann, de Versailles, se dresse au centre de la place située à côté de l'église, en bordure de la route nationale. Sur un socle très élevé en granit des Vosges, couleur feuille morte, un « poilu » en marbre blanc se tient, l'arme au pied, dans une attitude mâle, fière, et supporte dans la main une victoire ailée, symbole des années de ténacité, d'abnégation et de souffrance. Quatre bas-reliefs expriment le martyrologue du soldat ; l'attaque, la blessure, le sacrifice, les funérailles. Les noms des 210 héros de Jarville sont gravés en lettres d'or sur le cénotaphe.

A 8 h. 45, l'évêque de Nancy, accompagné d'un nombreux clergé, vint bénir le monument, qui a environ 7 mètres de hauteur. A 9 heures, une impressionnante cérémonie funèbre fut célébrée dans l'église de Jarville, magnifiquement décorée de tentures de deuil et de drapeaux.

Bénédiction de Monseigneur de La Celle

Bénédiction de Monseigneur de La Celle

Sur le carreau du chœur avait été reconstituée une humble tombe de « Poilu ». M. l'abbé Huguenin, professeur à la Malgrange, officiait et ce fut l'abbé Martin, ancien aumônier militaire, qui prononça le sermon. M. le chanoine Pertusot, supérieur de la Malgrange, donna l'absoute. Lorsque cette cérémonie fut terminée, M. le pasteur Vidal, après avoir prié devant le monument, prononça une très touchante allocution.

Allocution du pasteur Vidal

Allocution du pasteur Vidal

A 10 h. 30, M. Houel, maire de Jarville entouré de ses adjonts, MM. Mathey, Thomas, Ligaudan et des membres du conseil municipal, reçut à la mairie les personnalités, puis un cortège se forma et se rendit, aux accents de l' « Union Musicale », devant le monument qu'entourait déjà un public très nombreux ; un important service d'ordre avait été organisé.

L'arrivée des Autorités

L'arrivée des Autorités

Sur l'estrade, érigée à côté du monument, prirent place MM. Louis Marin, ministre des pensions, Houel, maire de Jarville ; le préfet Magre ; Louis Michel, sénateur ; Désiré Ferry et de Warren, députés ; le général Penet ; Rogé, président de l'A. M. C. ; Robert Gérard, président du comité du monument ; Auer et Auguste Beuvelot, vice-président ; Moine, président de la section de Jarville de l'A. M. C. ; Bisch, vice-président, qui a pris une part particulièrement active à l'organisation de cette cérémonie ; Jules Rousselot, vice-président de l'A.  M.  C. ; Trousselot, conseiller municipal de Nancy, etc.

Devant la tribune étaient groupés les emblèmes des sociétés représentées à cette manifestation du souvenir. Il y avait les drapeaux ou fanions de l'A. M. C., des Médaillés militaires, des Engagés volontaires Alsaciens-Lorrains, des Chasseurs-Jarvillois, de l'Union Musicale et de la Sidi-Brahim.

Les enfants des écoles, conduits par leurs dévoués maitres, entouraient le monument, tenant à la main des bouquets de fleurs qu'ils déposèrent au pied du socle.

LES DISCOURS

M. Robert Gérard, président du comité du monument, dit tout d'abord l'émotion qui l'étreint en cette cérémonie de deuil et de gloire, puis il salue en termes élevés le souvenir des glorieux morts dont les noms sont appelés par le lieutenant d'infanterie coloniale Rovel.

L'Appel aux Morts

L'Appel aux Morts

M. Robert, continuant son discours, constate que « par la camaraderie qui les unissait tous, les glorieux morts nous ont donné l'exemple de fructueuse, l'union d'où est sortie leur Victoire, l'union d'où sortira la nôtre.

Discours du Président du Comité

Discours du Président du Comité du monument

Deux bons Lorrains nous y convient pour restaurer notre prospérité financière, pour empêcher que la production de nos travailleurs de tous ordres, agricoles, commerçants, industriels, intellectuels, ne servent qu'à enrichir deux nations desquelles dirai-je simplement nous attendions mieux.

C'est dans cet esprit d'union française, M. le maire, que je remets à la commune de Jarville ce monument élevé, grace aux don de tous les habitants patriotiquement unis, à la mémoire de ceux qui ont été obéissants jusqu'à l'immolation suprême.

Je suis sûr que vous l'accepterez avec le même esprit et que toutes les municipalités qui se succéderont à Jarville auront à cœur de l'entourer sans cesse de leur vénération. »

A la fin du discours de M. Gérard a lieu un pittoresque lâcher de pigeons par les soins de la « Colombe Nancéienne ».

M. Houel, maire de Jarville, remercie ensuite tous ceux qui, à un titre quelconque, ont bion voulu contribuer à l'érection de ce monument. Il ajoute que, malgré certaines difficultés, la municipalité, aidée et encouragée par M le préfet, consciente qu'en cet instant elle représentait la population tout entière, s'associe sans réserve à l'hommage solennel rendu à ceux de ses enfants qui se sont immolés pour la défense de la patrie.

Discours du Maire de Jarville-la-Malgrange

Discours de M. HOUEL, Maire de Jarville-la-Malgrange

« La liste en est longue et terrifiante, continue-t-il, peu de familles furent épargnées et quelques-unes pleurent jusqu'à cinq des leurs, telle la famille Geller, pour ne citer qu'elle.

En recevant avec une émotion profonde ce monument, nous prenons l'engagement de veiller sur lui et de l'entretenir avec toute la fierté et tout le respect dus à ceux qui, par leur sacrifice, ont assuré la victoire du droit et de la liberté sur la force et l'oppression. »

M. Rogé, président de l'A. M. C. apporte aux glorieux morts de Jarville le salut de leurs camarades de combat.

Il le fait brièvement, estimant que le silence et le recueillement constituent le meilleur hommage envers ceux qui sans phrases ont consenti le sublime sacrifice de leur vie pour la plus sacrée des causes.

L'A. M. C. servira utilement leur mémoire en défendant, s'il était besoin, leurs veuves, leurs parents, leurs orphelins contre l'oubli et l'égoïsme.

M. de Warren évoque ensuite les heures tragiques de la guerre et le magnifique redressement de la Marne. Il montre les bienfaits que l'union inspirée par le souvenir des glorieux morts nous procura récemment à un moment critique. Il se réjouit qu'on ait compris une fois de plus que les intérêts de la patrie devaient passer avant tous les autres.

M. Désiré Ferry apporte également son témoignage de gratitude aux glorieux morts de la guerre. Nous leur devons la victoire et la liberté, il montre à quelle servitude nous avons échappés grâce à la victoire de nos soldats. Mais nous devons rester vigilants, car ce ne sont pas de pacifiques conversations au bord d'un lac suisse qui peuvent changer l'âme d'un peuple. L'Allemagne vaincue refait sa puissance Il faut que nous aussi soyons forts pour être respectés et pour pouvoir goûter les bienfaits de la paix.

M. le sénateur Louis Michel s'associe en quelques paroles vibrantes à l'hommage si émouvant que la population de Jarville rend à ses glorieux morts. Ilexalte leur souvenir et termine en exprimant toute sa confiance dans les destinées de la France.

M. Louis Marin rappelle tout d'abord qu'il a passé comme écolier une partie de son enfance à Jarville. Il en connaît non seulement tous les chemins mais aussi bien des familles et notamment des familles alsaciennes qui vinrent s'y établir après la guerre de 1870, pour ne pas rester sous le joug de l'Allemagne.

Discours de M. Louis Marin, Ministre des Pensions

Discours de M. Louis Marin, Ministre des Pensions

Il évoque la grande bataille qui se livra entre Jarville et Nancy, en 1478, et au cours de laquelle Charles le Téméraire trouva la mort. Elle marqua le déclin de la féodalité. Par ses profondes répercussions elle méritait, croit-il, d'être rapprochée de l'héroïque défense du Grand Couronné de Nancy, devant lequel sombra l'impérialisme allemand.

M. Louis Marin termine en assurant que, comme ministre des Pensions, il veillera au culte du souvenir et à ce que la mémoire des héros soit, toujours entourée du plus reconnaissant respect.

Des acclamations saluent le discours de M. Marin.

Les enfants des écoles chantent un hymne patriotique. Des avions évoluent dans le ciel bleu débarrassé maintenant des nuages sombres et bas qui donnaient des appréhensions aux organisateurs de la cérémonie, qui bénéficia ainsi d'une température très clémente pour la saison.

Le cortège se reforme et se dirige vers le Café de la Poste, où est servi

LE BANQUET

A la table d'honneur, M. Louis Marin préside, ayant à ses côtés MM. Devit, maire de Nancy; Moine, président de la section jarvilloise de l'A.M.C.; le préfet Magre ; Désiré Ferry et de Warren, députés ; Robert Gérard ; Gaston Rogé ; Jules Rousselot ; Emile Pierson, président d'honneur de la section de Jarville de l'A.M.C.; le sculpteur Hoffmann ; Thomas et Ligaudan, adjoints au maire de Jarville ; Raoul Kuhn, etc.

Le banquet, qui était organisé par l'A. M. C. de Jarville, réunissait une centaine de convives.

A l'heure des toasts, M. Moine présenta les excuses de différentes personnalités et. remercia l'Union Musicale, présidée par M. Kuhn et si bien dirigée par M. Bouvret, de son précieux concours. Il adressa le salut des anciens combattants aux glorieux morts de Jarville.

M. le Préfet, dans une allocution d'une belle envolée, fit un vibrant éloge des anciens combattants. Il salua en M. Marin, ministre des Pensions, l'éminent représentant des populations de Meurthe-et-Moselle. Il leva son verre au président du Conseil et au président de la République.

M. Devit, maire de Nancy, exprima des sentiments d'infinie gratitude à l'égard des glorieux morts et des mutilés.

M. Gaston Rogé félicita la section jarvilloise de l'A. M. C. de son activité. Il eut de cordiales paroles pour MM. Pierson et Moine, l'ancien et le nouveau président de la section, qui ont su en certaines circonstances faire des sacrifices d'amour-propre pour la vitalité de la section et la parfaite réussite de la cérémonie d'aujourd'hui.

M. Rogé soumet ensuite au ministre des Pensions les revendications de ses camarades en ajoutant du reste, qu'il connaît les bienveillantes dispositions de M. Marin à l'égard des anciens combattants, qui ont pleine confiance en lui.

M. Rogé termine en engageant ses camarades à rester toujours unis et à continuer à former un foyer où l'on peut se réunir amicalement après les luttes d'idées nécessaires dans une démocratie.

M. de Warren, après avoir présenté les excuses du maréchal Lyautey, empêché pour raisons de santé, boit à la grande famille des anciens combattants.

M. Désiré Ferry insiste sur la double mission des anciens combattants, qui est de maintenir la concorde et de veiller à la sécurité du pays en ouvrant les yeux sur les périls de demain. Ils resteront ainsi les meilleurs citoyens de la République, comme ils en ont été les plus intrépides défenseurs.

M. Louis Marin, longuement acclamé par les convives, assure que sa pensée va aux familles qui ont été éprouvées par la guerre. Il dégage la leçon que nous devons tirer de tant de souffrances héroïquement supportées, et il rapporte les paroles profondément émouvantes qu'il entendit récemment dans une réunion des aveugles des guerre.

En terminant, il leva son verre à « l'esprit combattant » qui doit régner dans le pays et le régénérer.

Le ministre et les personnalités quittèrent ensuite la salle pour regagner Nancy, tandis que les anciens combattants évoquaient en d'amicales causeries de chers souvenirs...



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