Le temps passe, et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface (Jules Romains)  

La paroisse de Jarville-la-Malgrange. — Vie associative et culturelle

Théâtre - Cinéma

Avec le théâtre et le cinéma paroissial, à l'heure où la télévision n'avait pas encore envahi tous les foyers, l'église était entrepreneur de spectacles pour un prix modique des places.

Grâce à une troupe constituée de pianistes, de machinistes, de souffleurs et d'acteurs - bien jarvillois - la salle Saint-Joseph proposait en tête d'affiche des pièces dont les noms rappelleront quelques bons souvenirs aux anciens :

"L'Ami Fritz" - "La Marraine de Charley" - "Les Ranzau" - "La Cagnotte" - "Le Grillon du Foyer" - "Les Boulingrins" - "Les Boulignard" - "Cœurs des Françaises" - "Marie des Gosses" - "Les Oberlé" - "La Femme aux yeux fermés" - "Champronnaye et la Grammaire" - "Le Chapeau de paille d'Italie" - "Asile de Nuit" - "Ça suit" - "Patrie retrouvée" - "Le Dieu qui bouge" - …

Toujours dans le domaine de la culture, il faut aussi mentionner dès 1925, l'existence d'une bibliothèque paroissiale installée au n° 104, Grande Rue (aujourd'hui nommée rue de la République).

Cercle Catholique de Jarville

Cercle Catholique de Jarville en 1920

La distribution des rôles en 1920 :

LES OBERLÉ est un roman de René Bazin (1901), où l'auteur a exprimé la situation morale et sociale des Alsaciens annexés ; les uns réconciliés avec le vainqueurs, les autres demeurant protestataires.

Cercle catholique les rôles de la pièce des Oberlés

Cercle Catholique de Jarville en 1920 - Les Oberlés : distribution des rôles

Une vie associative et culturelle riche

De nombreuses confréries religieuses, des œuvres paroissiales développèrent leurs activités au sein de la paroisse :

La Fraternité du Sacré-Cœur, la Ligue patriotique des Françaises avec son cercle d'études traitant des sujets d'actualité, la Confrérie de Sainte-Anne, la Croisade Eucharistique, etc…

En particulier, deux mouvements, à la longévité certaine, méritent quelques explications :

1. — Créée avant la première guerre mondiale, l'UNION DROUOT, section diocésaine de la fédération gymnastique et sportive des patronages de France, formait le lien avec toutes les sociétés sportives ; elle éditait un journal sous le titre "EN AVANT" et organisait de nombreux concours sportifs. (voir annexe 1).

2. — A l'instigation du curé STREF, la société de gymnastique "LES CHASSEURS JARVILLOIS" fut crée en 1906.

Ambitionnant de donner aux jeunes gens un équilibre physique et moral, la société dispensait à ses adhérents comme disciplines, la gymnastique, le tir à la carabine, le basket ball…

Agréée par le Ministre de la guerre sous le n° 10326 le 27 septembre 1922, elle devint société de préparation militaire. Les jeunes gens pouvaient obtenir ainsi leur brevet militaire puis s'engager à 18 ans.

La notoriété des "CHASSEURS JARVILLOIS" dépassa le cadre régional. Bien des médailles, des diplômes d'honneur furent gagnés lors des nombreux concours et festivals auxquels ils participèrent.

L'entraînement se faisait salle Saint-Paul. A Jarville même, ils participaient avec la CLIQUE aux manifestations religieuses, patriotiques… Leurs démonstrations eurent pour cadre le parc de Montaigu, Renémont, le stade des Forges, le Pré-teint- terrain Pérot entre le Séminaire et la Fonteno). (voir annexe 2).

Et les jeunes filles ?

Une branche féminine des Chasseurs Jarvillois - sous le nom des "COURLIS" fonctionna avant et après la seconde guerre mondiale. Le bulletin paroissial de juillet 1947, note avec humour "Le Courlis est un échassier difficile à capturer, parait-il ?, c'est donc un beau présage pour la tranquillité des parents…"

LES CHASSEURS JARVILLOIS

Ont été Président d'honneur MM. Bernet-Staub (Maire de Jarville ; E. Salin.

Présidents : MM. Noirot ; Gérard (Directeur des tonnelleries)  ; Kebach (Chef de gare à Jarville ; MM. Maurer, Pérot, Terrier…

Moniteurs : L. Antoine, R. SCHUH…

En 1947, lors d'une journée des challenges "baskett ball" au nom du comité de l'Union Drouot et de son Président, M. Salin remit à M. Raymond TERRIER, la médaille d'argent de l'Éducation Physique et à MM. André COLLARD et Lucien PARMENTIER la médaille de la Fédération sportive de France pour 15 années de dévouement.

On distinguait également les fêtes au cours desquelles étaient célébrés les saints patrons protecteurs des corporations ou d'associations.

1. — L'UNION MUSICALE, fondé le 30 octobre 1902, rehaussait de sa participation les cérémonies nationales et patriotiques et fêtait en novembre la SAINTE CÉCILE, patronne des musiciens. Composée d'une cinquantaine de membres, elle jouissait d'une belle renommée dans l'agglomération nancéienne.

2. — La première fête de SAINT ELOI, patron des ouvriers sur fer fut célébrée le 4 décembre 1898 pour recevoir fondeurs, serruriers, forgerons, électriciens…, lesquels portaient pour la circonstance leur insigne à la boutonnière.

3. — LES CHEMINOT CATHOLIQUES de la Compagnie de l'Est célébrèrent leur fête pour la première fois à Jarville le 4 mai 1913, jour coïncident avec celle de Sainte JEANNE D'ARC.

A cette occasion, le Groupe Est du Sacré-Cœur de Jarville fit bénir son drapeau. Un feu d'artifice clôtura à 8 h. 45 les cérémonies de la journée au cours de laquelle, messes, séances d'études et récréatives, allocutions avaient été programmées.

Le groupe des cheminots de Jarville s'étant consacré à NOTRE DAME DE MONTAIGU en 1925, les unionistes, traditionnellement après le rassemblement à l'église montaient en cortège au château de Montaigu où le maître des lieux Mr E. SALIN les accueillait.

La procession se déroulait dans les allées ombragées du parc.

Employés des chemins de fer de l'Est

Groupe d'employés du chemin de fer à Jarville. Sur les casquettes, outre le matricule,

on peu lire "EST" (Compagnie des chemins de fer de l'Est).

ANNEXE 1

Concours sportif

31 juillet 1910 - 44 sociétés de gymnastiques de Meurthe-et-Moselle et des Vosges - de confession catholique - représentant 1800 jeunes gens disputèrent un concours de gymnastique et de musique - organisé par l'Union Drouot - sur l'hippodrome de Jarville.

Les célèbres CHASSEURS JARVILLOIS étaient au rendez-vous. Sous un ciel couvert se succédènrent les disciplines : escrime, sauts, boxe, cheval d'arçon… aux accents martiaux des fanfares et des cliques.

A 11 heures, une messe militaire fut célébrée devant l'autel dressé pour la circonstance au centre des tribunes.

A midi, dans la salle paroissiale, Mr le Curé reçut les membres des jurys, les présidents des sociétés et remercia la municipalité qui s'était chargée de l'organisation de la fête.

Les toasts portés furent l'occasion de célébrer l'union de la foi et du patriotisme et de souligner les bienfaits de la gymnastique, école d'endurance et de courage.

Le Commandant DRIANT, Député de Nancy, parla du courage militaire. "Ce courage s'exerce maintenant bien différemment qu'autrefois. Il ne s'agit plus d'élan, de position à enlever d'enthousiasme : c'est le maintien pendant des jours entiers dans la tranchée, par le froid sous les balles et les obus, c'est le courage patient, tenace qu'il faudra déployer".

PAROLE PROPHÉTIQUES prononcées par un homme qui, promu colonel, sera tué six ans plus tard au milieu de ses CHASSEURS en résistant aux avance allemandes dans le bois des Caures près de Verdun…

L'après-midi, la foule assista au défilé et au festival qui se déroulèrent les pieds dans la boue ; une trombe d'eau ayant auparavant inondé le terrain.

Malgré tout, ce fut une fête réussie. L'UNION MUSICALE joua la "Sidi-Brahim" puis la "Marseillaise", Mgr l'Évêque dit une courte apparition à la tribune d'honneur.

ANNEXE 2

24 septembre 1922 - C'était la première fois, depuis l'incendie du château de Montaigu, que les "CHASSEURS JARVILLOIS" y revoyaient Mr et Mme SALIN…

Sous les frais ombrages des arbres séculaires de Montaigu "LES CHASSEURS" exécutèrent les divers mouvements imposés au concours de St-Mihiel ; puis ce furent des acrobaties des plus audacieuses… puis jeux champêtres rappelant les kermesses flamandes : tels que jeux d'adresse, courses en sacs, colin-maillard, mât de cocagne, courses.

Puis la fête terminée, devait se faire la remise, à la Société, des récompenses décernées à ces jeunes gens par le jury du concours de Toul et du concours de St-Mihiel.

Lecture du palmarès fut faite par Mr Gérard, les médailles d'or et d'argent ainsi que les palmes d'or et d'argent furent accrochées par M. le Maire au Drapeau, que présentait gracieusement Madame SALIN.

Avant et après cette émouvante cérémonie, la "CLIQUE" jouait ses plus beaux morceaux. Un goûter fut ensuite offert sous le grand hall, par Mr et Mme SALIN…

Parmi les amis accourus du dehors, mentionnons le fils de Mr le Comte de LUDRE, toujours si dévoué à la population ouvrière jarvilloise.

(Bulletin des familles).


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