Le temps passe, et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface (Jules Romains)  

L'Institut des Jeunes Sourds

Institut des Jeunes Sourds à la Malgrange

Avec l'Institut des Jeunes Sourds de la Malgrange, Jarville compte un établissement connu de toute la région de l'Est et au delà…

Le 30 novembre 1976, la première Dame de France, Madame Valéry Giscard d'Estaing vint à Jarville pour inaugurer le Centre d'Éducation Précoce et de Guidance Parentale qui accueille en sessions les déficients auditifs de moins de 4 ans avec leur famille.

Centre de rééducation de l'ouïe et de la parole mettant en œuvre des moyens techniques évolués et des méthodes pédagogiques solides, mais aussi établissement d'enseignement et de formation professionnelle, l'Institut des Jeunes Sourds voit sa création remonter à 1828.

La fondation

Joseph PIROUX, fondateur et premier directeur de l'Institut des Sourds-Muets est né à Épinal. En 1824, le hasard le fit rencontrer des Sourds-Muets. Il chercha à les instruire. Aucun établissement n'existait dans le Nord-Est et il décida de se consacrer à cette tâche. Il acquit, pendant deux ans, une formation spécialisée en devenant élève-professeur à l'Institut Royal des Sourds-Muets de Paris.

Revenu à Épinal, il choisit de fonder le 1er février 1828 son établissement à Nancy, ville plus avantageusement située pour obtenir une audience régionale.

M. PIROUX s'installa dans une grande salle de l'Hôtel de Ville, puis au 10, faubourg Stanislas près de la place Thiers, grâce à la générosité de parents, de protecteurs, de Préfets, de Maires et en particulier de la Ville de Nancy.

Aidé par sa famille, des répétiteurs, des surveillants, il accueillit aux frais des familles ou à ceux de l'Administration Publique, des pensionnaires des deux sexes âgés de 7 à 17 ans internes ou externes, originaires de la Meurthe, de la Meuse, des Vosges, de la Moselle et bientôt de la Haute-Marne, de la Côte d'Or, de l'Aube, des Ardennes…

M. PIROUX enseigna outre les disciplines habituelles - morale, arithmétique, histoire, géographie, écriture… - la dactylologie (art de converser par le moyen des doigts), la parole artificielle et des spécialités comme la menuiserie, la vannerie, la couture, etc…

Il édita une publication mensuelle "L'AMI DES SOURDS-MUETS", organe de liaison entre les parents, les instituteurs et les éducateurs (1).

Les visiteurs célèbres

Le 14 juin 1831, le Roi Louis Philippe 1er visita l'établissement. Le 17 juillet 1866, ce fut l'Impératrice Eugénie que M. Piroux accueillit dans le cadre des fêtes marquant la commémoration de la Réunion de la Lorraine à la France.

Le plus cher désir du directeur était que l'école qui avait formé 700 élèves depuis 1828, devienne une Institution Impériale et bénéficie, bien sûr, d'une participation financière étatique plus importante…

Le devenir de l'Institut le préoccupait.

Mais l'expansion de l'école se poursuivit après sa mort survenu le 26 juillet 1884.

L'installation à la Malgrange

Constituée en Société Anonyme présidée par Henri de Bouvier, l'école trop à l'étroit, fut transférée pour la rentrée 1885, dans une partie de l'ancien domaine des Ducs de Lorraine, à la Vieille Malgrange, au milieu d'un parc de 4 hectares.

Les Sœurs de Saint-Charles (2) en co-direction avec le Conseil d'Administration veillèrent aux destinées de l'établissement.

Les classes et les dortoirs furent établis dans des constructions nouvelles. Des ateliers professionnels y furent annexés pour préparer les élèves à subvenir à leur existence par le travail manuel.

Il fut décidé de remplacer la méthode d'enseignement mimique par les méthodes orales.

La Semaine Religieuse de 1886 relate la première communion et la confirmation aux Sourds-Muets de la Malgrange.

En 1897, grâce à des dons généreux et à une souscription ouverte par les religieuses, une chapelle fut édifiée à l'entrée du parc sous le vocable de Saint-Pierre Fourrier.

Lors des deux guerres mondiales, l'Institut des Jeunes Sourds devint comme son voisin le Collège de la Malgrange, hôpital militaire.

Ayant retrouvé ses fonctions propres, l'œuvre connut un essor sans cesse grandissant (280 en 1969 contre 115 en 1949); le nombre croissant des élèves appelant l'aménagement des anciens locaux et l'implantation de nouveaux bâtiments et équipements.

ANNEXES

La première communion et la confirmation aux Sourds-Muets de La Malgrange

C'était une grande fête chez les Sourds-Muets de la Malgrange ce jeudi 26 août : 17 enfants faisaient leur première communion et recevaient la confirmation après une retraite de 3 jours avec instructions en mimique et en parole, avec méditations et prières.

Cette fête a eu lieu en présente de Mgr, accompagné de M. Picard, maire de Jarville et de Messieurs les membres du Comité.

Ce même jour, la confirmation leur a été donnée et aussitôt après, la distribution des prix fut faite à 30 petites filles des 3 classes de parole et à 35 garçons des 4 classes de parole…

Mgr n'a pas voulu quitter cette maison sans adresses ses plus vifs remerciements à tous ceux qui s'occupent avec zèle de cette œuvre intéressante…

Avant de quitter l'établissement, j'ai fait la visite de quelques parties du bâtiment, préaux des cours de récréation et les ateliers reproduits par les élèves ainsi que des meubles et outils de la maison, ce qui prouve une enseignement pratique très utile, exposition d'ouvrages de couture, de broderies, de crochets…

En traversant le magnifique parc qui s'étend à perte de vue devant la maison, j'ai jeté un coup d'œil sur le potager et le verger créés par les élèves, sous la direction d'un jardinier et j'ai compris après avoir vu tout cela, ce que me répétait beaucoup de parents à savoir : que les élèves quittent à regret ce beau séjour et désirent promptement y revenir. J'ai compris que plusieurs anciens élèves de M. PIROUX qui aurait vu avec tant de satisfaction cette heureuse transformation de l'œuvre de sa vie, ont demandé et obtenu de revenir passer un an ou deux à la Malgrange pour essayer d'apprendre la parole.

J'ai compris enfin les éloges donnés à la Malgrange des Sourds-Muets par Mrs les conseillers généraux qui l'ont visité, par M. Volland, maire de Nancy, par M. Schnerb notre Préfet et en dernier lieu par M. Hément, Inspecteur de l'Enseignement Primaire.

La Malgrange des Sourds et Muets fait, en effet, honneur aux hommes qui l'ont établie et organisée et au personnel qui le dirige ; elle fait honneur à Nancy et à toute la Lorraine. Elle mérite les sympathies et les encouragements de tous les amis des Sourds et Muets et surtout la confiance des diverses administrations et des familles. (Extrait de la Semaine Religieuse 1886)

Institut des Jeunes Sourds de La Malgrange - Jeux d'enfants

Partie de Collin-Maillard pour les jeunes filles en collerette blanche

Institut des Jeune Sourds de La Malgrange - Hopital militaire (1914-1917)

Hôpital 15B de 1914 à 1917

__________

1. — Joseph Piroux était membre honoraire de l'Académie de Stanislas, Chevalier de la légion d'honneur et de l'Ordre de Pie IX, Officier d'Académie (Retour).

2. — En 1662, fut fondée à Nancy une maison de charité dirigée par des religieuses "Les sœurs de Saint Charles". Leur vocation première était de servir les malades. Assez vite, elles étendirent leurs activités à l'enseignement. En 1789, elles possédaient 45 maisons en Lorraine (Retour).


Recherche
Recherche
Jarville-la-Malgrange
Webmaster - Infos
Ecrire à Alain