Le temps passe, et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface (Jules Romains)  

L'Institution de La Malgrange

Le Pensionnat Saint-Pierre. — Les débuts

C'est en 1839 que le domaine de la Malgrange devint une Institution d'enseignement privé connue désormais sous le vocable de "Pensionnat" puis de "Institution St Pierre".

La naissance de l'Institution elle-même remonte à 1836 et c'est dans les locaux du Pensionnat Saint Pierre que furent accueillis les 22 premiers élèves par l'Abbé Jean-Baptiste MIRGUET, premier maître de pension. Opiniâtre artisan dans la création de l'Institution, l'Abbé MIGUET mérite de partager avec Mgr DONNET le titre de Fondateur de l'École.

Il convient de relater les circonstances de la création :

En 1835, l'Évêque Mgr de FORBIN-JANSON délégua ses pouvoirs à Mgr DONNET, dénommé coadjuteur de Nancy. Celui-ci conçut le projet de créer une "institution particulière, où l'on fût sûr de faire donner aux enfants une éducation à la fois forte, chrétienne et nationale".

Son choix se porta sur la maison MARIN, du nom de l'un de ses propriétaires au 18ème siècle, et sise au faubourg Saint-Pierre (n° 92, rue de Strasbourg). Mgr DONNET décida d'en confier la direction à l'Abbé MIRGUET, né à Favières le 4 juin 1795, Chanoine de la Cathédrale et ex-supérieur du petit Séminaire de Pont-à-Mousson.

La querelle scolaire faisait déjà rage et l'ouverture d'écoles privées était contrôlée. Mgr DONNET obtint du gouvernement l'autorisation d'ouvrir un Pensionnat.

Mgr MIRGUET passa pour la circonstance son baccalauréat, diplôme que devait posséder tout chef d'institution. Mgr MIRGUET n'avait pas subi les épreuves du baccalauréat à la fin de ses études classiques; les séminaires, bien que l'on y fit de fortes études, n'avaient pas le droit de présenter leurs élèves au baccalauréat. Il fut reçu le 3 août 1836 par la Faculté de Nancy; il avait 41 ans.

En 1838, le Pensionnat comptait 80 élèves, mais le recteur de l'Académie de Nancy entendait que les instructions du Ministre de l'Instruction Publique, Mr de SALVANDY soient appliquées, à savoir : " Dans les villes où existe un Collège royal ou communal, les élèves des institutions et pensions, âgés de plus de 10 ans, doivent être conduits aux classes de Collèges".

Pour échapper à cette règle qui imposait des contraintes d'intendance et de transport, l'Abbé MIRGUET décida de sortir du territoire de Nancy et de s'installer en banlieue.

Le domaine de La Malgrange

Le 30 mai 1839, M. Mirguet et les maîtres COLLIN, LALLEMAND, THILLOT achetèrent à M. GILLET le domaine de la Grande Malgrange pour la somme de 120.000 francs dont 40.000 à verser aussitôt et le reste en 10 annuités.

Le 28 aoput 1839, les élèves quittèrent définitivement le Pensionnat Saint-Pierre et se rendirent à la Malgrange pour assister à la distribution des prix. C'est ce jour là que fut prit solennellement possession de la Malgrange.

Transférée à la Malgrange, l'Institution conserva le patronage de l'Apôtre Saint-Pierre. Pour assurer l'avenir du Pensionnat, les acquéreurs de la Malgrange décidèrent en 1846 de placer directement la Maison sous l'autorité épiscopale.

Le Collège devint établissement diocésain.

L'Institution se développe

En 1846, la Malgrange fondait à Nancy sa première succursale l'école Saint-Léopold, destiné à recevoir les élèves qui, selon les dispositions législatives en vigueur, devaient suivre les cours du Collège Royal pour passer leur baccalauréat ou accéder aux diverses écoles de l'État.

En 1850, fut votée la loi Falloux sur la liberté de l'enseignement secondaire. La fin du monopole universitaire fut bénéfique pour la Malgrange. Les classes de rhétorique et de philosophie furent transférées au Collège et celui-ci se dessaisit de ses plus jeunes pensionnaires qui allèrent occuper Saint-Léopold.

L'année 1851 vit l'agrandissement des bâtiments à la Malgrange (le corps principal du logis fut exhaussé) et la construction d'un manège d'équitation qui subsista jusqu'à la première guerre mondiale.

En 1858, fut édifiée une chapelle. Mgr MENJAUD vint la bénir en présence d'un grand nombre de prêtres et d'une imposante assistance.

En 1864, de nouveau les bâtiments furent agrandis. On créa la galerie d'entrée. Le jardin fut transformé. La même année, Mgr LAVIGERIE fonda à Nancy la "Maison des Étudiants", cercle de rencontre.

En 1870, dès le 14 août, Nancy fut submergée sous le flot des régiments ennemis et l'administration allemande réquisitionna le Collège qui devint l'ambulance n° 3. On comptait 250 lits et la dépense était à la charge de Nancy, Jarville et des communes environnantes. Des prêtres et religieuses allemands vinrent seconder leurs collègues français.

Suit à une intervention auprès de Rome, le 1er novembre 1879 eut lieu, dans la chapelle de la Malgrange, la translation des reliques du martyr romain "Saint Eleuthère".

L'Institution acquiert une grande renommée

En 1881, la Maison des Étudiant élargit son activité, prit le nom d'École Saint Sigisbert et l'on y mena de front la préparation de l'école polytechnique, l'école centrale, Saint-Cyr et l'école forestière.

Saint Sigisbert acquit, dans tout le pays, une grande réputation.

L'Abbé CHARBONNIER, Professeur à la Malgrange, forma le projet en 1882 d'édifier dans les bosquets du Collège une grotte de Lourdes. La bénédiction eut lieu le lundi 16 juillet 1883 sous la présidence de Mgr TURINAZ. Une procession aux flambeaux couronna les cérémonies.

Après la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'État, les Trois Maisons (Malgrange, Saint-Léopold, Saint-Sigisbert) furent mises sous séquestre.

En 1907, l'État repris les locaux des écoles Saint-Léopold et Saint-Sigisbert. Les deux établissements fusionnèrent et s'installèrent Cours Léopol.

En 1911, la Malgrange faillit devenir une maison "de cure d'air" pour les tuberculeux mais le bail de location consenti au Collège et renouvelé en 1908 continuera de courir.

La Malgrange devint l'hôpital auxiliaire n° 15 en 1914.

En 1916, à cause des bombardements de Nancy, par canon à longue portée, les services chirurgicaux de l'hôpital Sédillot furent transférés à la Malgrange. Bientôt, le centre ophtalmologique de la 20ème région fut aussi établi à la Malgrange.

En 1917, après le départ des services chirurgicaux, c'est le Centre O. R. L. de la 8ème armée qui s'installa. Au cours de la grande guerre, le nombre total des hospitalisés fut de 9.268.

Racheté en 1920 par MM. JACQUES & PERTUSOT, directeur de l'Institution de la Malgrange, le Domaine fut géré désormais, par une association qui se constitua en régime juridique, type loi 1901.

En 1936, des fêtes marquèrent le centenaire de l'Institution qui comptait alors 800 élèves.

En 1939, surgit une Salle des fêtes qui, depuis, accueillit souvent les festivités de groupes jarvillois : Scouts, villages d'enfants etc… et en 1963 "l'Athénée"bâtiment des classes, études et laboratoires, dû à l'architecte Prouvé.

L'Institution de la Malgrange

Sur le fronton de l'ex-bâtiment des communs du château de la Malgrange, on retrouve l'horloge chère au Roi de Pologne. Le bâtiment initial se présentait formé de deux étages construits sur une terrasse. L'ensemble fut surélevé en 1851.

ANNEXES COLLÈGE DE LA MALGRANGE

Un temps fort des activités extra-scolaires : le théâtre

Le théâtre est un moyen d'expression et de créativité.

Nombre de représentations furent données par les élèves de l'Institution de la Malgrange.

Dans le manège transformé en salle de théâtre la pièce de Racine "ATHALIE" fut jouée le 11 mars 1878, devant une grande assistance. - Deux milles autiteurs - Aux côtés de Mgr FOULON et de Mr Voinot vicaire général, on voyait deux généraux, des magistrats, le doyen de la Faculté des Lettres, le marquis de Lambertye, le proviseur du lycée, les curés de Nancy, les supérieurs de Pont-à-Mousson, Châtel, Lunéville, le directeur du convict de Luxembourg avec une députation de ses élèves… (source : Hist. Institution de la Malgrange).

La semaine religieuse mentionne à cette occasion :

"Éclatant succès. L'Espérance et le journal de la Meurthe et des Vosges ont fait ressortir suivant leurs impressions propres, l'ÉCLATANT SUCCÈS de cette solennité. Ils ont cité les noms des principaux acteurs et distribué à chaque mérite sa louange. "Honneur à tous" dit l'Espérance en terminant jusqu'aux simples prêtres et lévites : Honneurs aux chœurs qui ont magnifiquement interprété l'œuvre de MENDELSOHN !

Voix et instruments ont marché d'unisson, tout a été parfait et fait le plus grand honneur aux professeurs zélés qui ont préparé cette délicieuse fête dont il sera longtemps parlé à Nancy.

La nouvelle salle de la Foucotte à Nancy inaugurée en 1883 accueillit nombre de tragédiens et de comédiens en herbe.


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