La mémoire est l'avenir du passé (Paul Valéry)  

Le chevalier de Boufflers. — Au temps des mongolfières

Jarville-la-Malgrange a connu l'époque héroïque des premiers envols de l'aviation.

Ce que l'on sait peut être moins, c'est que sur son territoire, ont eu lieu des expériences aérostatiques un an après que le premier ballon, celui des frères Montgolfier ce soit élevé dans les airs.

Le chevalier de Boufflers sacrifie à l'engouement général. Se rendant sans doute aux sollicitations de ses proches et du cercle brillant d'amis dont il fait les délices, l'aimable filleul du roi de Pologne satisfait leur attente dans cette propriété suburbaine de la Ménagerie, ou Petite Malgrange, achetée à sa mère par Stanislas et Louis XV, et où il se retire volontiers. Mais laissons parler Nicolas Durival, qui habitait alors non loin de ce domaine, à Heillecourt, et qui fut, en conséquence, à bon poste pour prendre sa part du divertissement.

Le 29 avril 1784, l'ancien lieutenant général de police de Nancy consigne dans son Journal :

« M. le chevalier de Boufflers faisait travailler à la Malgrange à un aérostat-montgolfier. Il devait être lancé aujourd'hui à 4 heures après-midi, à la suite d'un grand repas où étaient la marquise de Boufflers, sa mère, la comtesse de Boisgelin, sa sœur, etc. En effet, on en fit l'essai ; il se fit des ruptures, on les raccommoda. Enfin il fut lancé vers le soir, en présence d'une foule de spectateurs et avec de grandes acclamations. Il s'éleva plus haut que la maison, passa par dessus, se renversa et tomba dans les jardins sur ceux qui s'y trouvaient et fut mis en pièces, chacun voulant en avoir un morceau ».

Peu après, nouvelles tentatives:

« 5 mai. M. le chevalier de Boufflers a fait partir de la Malgrange vers midi et demie un aérostat qui s'est bien élevé et, passant sur Heillecourt, est allé tomber près de Frocourt » (près de Fléville).

« 6 mai. M. le chevalier de Boufflers a encore lancé à la Malgrange l'aérostat d'hier raccommodé. Il s'est bien élevé et a tombé vers la chaussée de Mirecourt ».

Les expériences du 9 mai, enfin, eurent un certain retentissement dans la région :

« M. le chevalier de Boufflers a fait partir trois aérostats de la Malgrange. Le premier à 5 heures 1/2 après-midi, que j'ai vu de ma galerie, s'est élevé d'environ 200 pieds obliquement, a décliné ensuite et s'est abattu dans les prés de Jarville où il a brûlé. Le deuxième à 6 heures 1/2 a passé sur la carrière de sable de Heillecourt et a tombé un peu plus loin que la Croix. Le dernier à 7 heures 1/2 est allé jusqu'auprès de la Laneuveville, où il a été consumé en un instant. Il y avait un monde étonnant à la Malgrange, tant de la ville que des villages, et presque tout le régiment du Roy était dans l'avenue de la Malgrange en promenade militaire.  » [Source : Les premières expériences aérostatiques faites en Lorraine 1733-1738 P. Boyé (1909)].

C'est à Annonay le 4 janvier 1783 qu'Étienne et Joseph de Montgolfier, fabricants de papier, firent s'élever dans les airs le premier aérostat, ballon de papier doublé de toile et gonflé à l'air chaud : un réchaud y brûlait de la paille humide et de la laine.

Stanislas, Jean, Chevalier puis marquis de Boufflers (Nancy 1738 - Paris 1875), fils de la marquise de Boufflers, favorite de Stanislas. Chevalier de Malte en même temps que capitaine de hussards puis maréchal de camp et gouverneur du Sénégal. Il passa en Pologne le temps de l'émigration.

Nicolas Durival (né à Commercy le 12 novembre 1723, mort à Heillecourt le 21 décembre 1795), lieutenant de police de Nancy de 1760 à 1769, il assuma l'administration de la ville avec une grande compétence. Retiré à Heillecourt, il se fit historien de la Lorraine et du Barrois.

Boufflers extrait de ses mémoires

Œuvres de Boufflers. — Chez tous les marchands de nouveauté ; Paris 1797, p. 146


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