La mémoire est l'avenir du passé (Paul Valéry)  

Jarville pendant la Révolution. — Cahier de doléance

Les élections des députés aux États Généraux qui réunissaient trois ordres : clergé, noblesse et tiers état commencèrent en février 1789.

Suivant la coutume les électeurs de chaque ordre dans chaque paroisse rédigèrent des cahiers de doléances. Ceux-ci constituent un précieux témoignage sur les aspirations des français à la veille de la Révolution. "Les électeurs devaient être âgés d'au moins 25 ans et payer un impôt direct". Ils étaient des "citoyens actifs".

Le "tiers état de la communauté de Jarville" réunit, le 15 mars 1789, une assemblée de 40 personnes. Voici quelques griefs et remontrances qui ont été consignées :

— les impositions ont été portées pour les 3 laboureurs et 60 habitants chargés de famille (la plupart dans l'indigence et la plus grande misère) à la somme exorbitante de 1563 livres, argent au cours de France, c'est à dire plus de deux tiers au dessus de la somme que la communauté payait en 1713 ;

— ladite communauté n'a aucun bois communal, ni portion, soit en terre, soit en prés; elle a simplement tant pâquis que mauvaise terres dix huit jours dont le produit est modique et sert à payer la cire pour l'église et gages de maître d'école et blanchissage des linges d'église, etc. En outre, il est observé que le seigneur en tire 1/3 ;

— les communautés ont contribué par argent pour les fortifications de Bitche et la construction des casernes de Nancy et de la Pépinière Royale, ce qui a fait beaucoup de dépenses au pauvre peuple.

Pour faire disparaître l'esprit de nationalité régionale qui existait dans beaucoup de provinces (dont la Lorraine) l'Assemblée Constituante dès janvier 1790, divisera la France en départements districts et cantons.

Jarville appartint désormais au département de la Meurthe.

Des cérémonies se déroulèrent dans tout la France pour célébrer la fête de la Fédération (14 juillet 1790), épisode éphémère de réconciliation des parties divisées. Il s'agissait de consacrer "l'alliance de tous les français et la disparition des intérêts locaux qui les avaient divisés sous l'Ancien Régime".

Pour ce jour de liesse, les officiers municipaux et les citoyens formant la Garde Nationale de Jarville se rendirent à l'église d'Heillecourt. Avec leurs collègues respectifs de la commune d'Heillecourt, ils assistèrent à une messe commune célébrée par Sébastien DROUVILLE, curé de la paroisse. (Jarville et Heillecourt formaient deux municipalités distinctes mais une seule paroisse).

Après l'office religieux, les participants prêtèrent le serment civique.

« Nous jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l'intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu'elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ».

A quoi, chacun des chefs de la Garde Nationale a répondu : « Je le jure et le promets » et les gardes ensemble : « Nous le jurons et promettons ».


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